Les cartes postales
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J'ai vingt-cinq cartes postales
Toutes pareilles, une photo d'un château
Affranchies d'un timbre et de mots aussi francs que vagues
Mirage d'une plage qui n'y est pas
Vingt-cinq châteaux, vingt-cinq messages
Qui commencent avec bonjour, finissent avec amour
Je parle du château de la photo
Comme si j'y étais, même si j'en sais pas grand-chose
Ne vous fâchez pas quand vous découvrez
Que tous les messages que j'ai envoyés
Sont pareils pour toi ma mère, toi mon père
Vous mes frères et vous mes amis

Ne me blâmez pas
Je vous aime quand même
Même si je ne pense pas à vous
À chaque minute de chaque jour

    Je vous aime même si je ne vous appelle pas
    Une photo d'un château ne vous réconforte-t-elle pas?
    Je vous aime, je vous aime, je vous aime quand je pense à vous
    Je vous aime quand je pense à vous

Une carte téléphonique tourne entre mes doigts
Un appel à qui? Je ne sais pas encore
Juste assez de temps, juste assez d'argent
Pour un appel, pour une personne
Ça pourrait déclencher de la jalousie
Si la personne à qui je parle s'en vante
J'appellerais mon grand-père malentendant
Je suis sûr, il n'aurait rien dit
Lui qui n'est plus de ce monde depuis longtemps
Alors, je n'appellerai personne

Ne vous blâmez pas
Je vous aime quand même
Même si je ne pense pas à vous
À chaque minute de chaque jour
De cette horloge que vous avancez
Pour que mon appel se dépêche
Et que pour vous je m'empresse

    Je vous aime même si je ne vous appelle pas
    Une photo d'un château ne vous réconforte-t-elle pas?
    Je vous aime, je vous aime, je vous aime quand je pense à vous
    Je vous aime quand je pense à vous

(j. gosselin)

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